Comité Régional CGT des Pays de la Loire

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Hausse record des matières premières agricoles

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La France et les partenaires européens doivent interdire formellement au réseau bancaire de continuer à spéculer sur les matières premières agricoles tant que durera le conflit Russo-Ukrainien.

En France les prix agricoles à la production ont augmenté de 26,8 % de mars 2021 à mars 2022, contre 14,5 % entre février 2021 et février 2022. Cette hausse est totalement inédite sachant que la plus forte augmentation en un an avait eu lieu en mars 2008, avec notamment la crise dite des « subprimes » et la faillite de nombreuses banques dont « Lehman Brothers ».

En mars le prix des céréales s’est envolé de 68,6 % et celui des oléagineux de 70,8 % par rapport au même mois de l’année précédente.

Théoriquement la loi française de séparation et de régulation des activités du 18 juillet 2013 interdit la spéculation sur les marchés des activités bancaires sur les marchés dérivés de matière première agricole.

La loi obligeant les banques à limiter leurs positions sur les matières premières agricoles et à soumettre quotidiennement le détail de leurs positions tenues auprès de l’autorité des marchés financiers (AMF). Les banques n’ont plus le droit de constituer des stocks physiques de matière premières agricoles. Elles se doivent d’indiquer, dans leur rapport annuel, les moyens mis en œuvre pour éviter d’exercer un effet significatif sur le cours des matières premières agricoles.

Malheureusement le réseau bancaire français propose toujours des produits de placement spéculant sur les matières premières agricoles.

L’ONG OXFAM avait déjà alerté en 2015 sur cette situation inadmissible qui amplifie les conséquences des famines à travers le monde. Les deux plus gros pays producteurs de céréales en Europe se déchirent depuis près de 70 jours et les approvisionnements notamment en Oléagineux sont quasiment à l’arrêt. Le traumatisme d’une guerre ne doit pas entraîner un autre traumatisme celui d’une crise alimentaire mondiale. L’Union Européenne et ses partenaires doivent prendre des mesures fortes pour empêcher l’installation d’une bulle spéculative sur les matières premières agricoles et ses dérivés.

Pour la CGT, c’est toujours : 60 ans !

mardi 10 mai 2022

retraite 60 ans

Le projet d’Emmanuel Macron d’allonger l’âge légal de départ à la retraite à 65 ans est largement minoritaire dans notre pays. Près de 70 % des citoyens le rejettent et sont prêts à s’y opposer, convaincus que c’est une réforme injuste et injustifiée.

La retraite, c’est la santé ! Nous vivons plus vieux et il nous faudrait travailler plus longtemps pour compenser l’augmentation de la durée de vie passée à la retraite et la charge financière que cela fait peser sur le système de santé ?

C’est faux : l’augmentation de l’espérance de vie ne justifie en rien le recul de l’âge légal du départ à la retraite.

Vivre plus vieux va dans le sens de l’histoire, c’est la logique du progrès social. Notre système de protection sociale a permis d’allonger notre espérance de vie. Notre système de retraite solidaire explique que le taux de pauvreté des retraités en France est très inférieur à celui dans les autres pays européens.

Prendre sa retraite à 60 ans, c’est conserver sa santé !

L’espérance de vie en bonne santé, c’est-à-dire sans incapacité physique ou mentale, reste inférieure à 64 ans. Repousser ne serait-ce que d’un an l’âge légal de départ à la retraite augmenterait le nombre de travailleurs qui partiraient en mauvaise santé, y compris pour ceux bénéficiant d’un départ anticipé.

Repousser l’âge légal de départ à 65 ans est très injuste au regard de la différence d’espérance de vie entre les plus riches et les plus pauvres, qui peut atteindre treize années !

« Le rôle protecteur de la prise de retraite est très prononcé parmi les personnes dont le travail a été éprouvant, chez les hommes et les femmes. Pour les personnes confrontées à des contraintes physiques, la retraite améliore principalement la santé générale, tandis que pour les personnes ayant subi des contraintes psychosociales, elle diminue plus sensiblement l’anxiété et la dépression. Les effets bénéfiques les plus visibles de la retraite sont observés dans la population masculine non diplômée et exposée à des contraintes physiques. » (Source : « Enquête santé et itinéraire professionnel »)

L’intensification du travail, ses modifications importantes couplées au vieillissement de la population sont source de dégradations accélérées de la santé.

Une réalité qui conduit à une baisse de productivité et d’employabilité. Le capitalisme se prend à son propre jeu : intensifier et prolonger le travail est une aberration économique, y compris libérale.

Seulement 56,2 % des 55-64 ans sont en emploi en 2021 Le recul de l’âge de départ à la retraite aboutirait à une éviction encore plus importante des travailleurs de plus de 55 ans qui sont déjà aujourd’hui nombreux à être au chômage, en incapacité, en situation de handicap ou en inaptitude. Une partie, dont beaucoup de femmes, bascule vers les minima sociaux avant de partir en retraite. Ces populations sont plus exposées à la précarité du travail. Les mutations des modes d’organisation du travail et la dévalorisation de l’expérience professionnelle engendrent une explosion de l’embauche en CDD des plus de 55 ans.

Une autre politique en matière de retraite, par répartition et solidaire, est possible avec les propositions de la CGT La retraite sans un niveau de revenu décent est aussi une source de dégradation de la santé et des conditions de vie. Il faut donc défendre la baisse de l’âge légal de départ à la retraite avec un niveau de pension en aucun cas inférieur au niveau du Smic proposé par la CGT (2 000 euros brut).

Après de nombreuses années de travail, la CGT exige un revenu qui permette de « bien vivre » à la retraite.

Cela doit être fondé sur le travail grâce aux cotisations sociales (salaire socialisé), fondement de la solidarité entre les jeunes et les plus âgés.

Ce principe assure la pérennité de la retraite pour les générations futures et garantit la possibilité d’augmenter les recettes pour répondre aux besoins de toutes et tous.

Il n’y a pas de problème de financement ! « Malgré le contexte de la crise sanitaire et le vieillissement progressif de la population française, les évolutions de la part des dépenses de retraite dans le PIB resteraient sur une trajectoire maîtrisée à l’horizon de la projection, c’est-à-dire 2070. C’était un résultat qui prévalait avant la crise sanitaire que nous traversons depuis début 2020. C’est un résultat qui demeure valable après crise. » (Source : Conseil d’orientation des retraites, juillet 2021) Le Conseil d’orientation des retraites indique qu’à régime constant, la situation financière du système des retraites n’est pas amenée à se dégrader. L’extension de l’âge du départ à la retraite n’a donc aucune justification en termes de finances publiques. C’est bien un choix purement politique !

Les exonérations de cotisations sociales et la politique de bas salaires pèsent sur le financement des retraites La CGT ne défend pas simplement le départ à la retraite à 60 ans, mais propose un taux de remplacement au minimum de 75 % pour une carrière complète, et une pension en aucun cas inférieure au Smic. Cela implique notamment que les périodes cotisées soient calculées sur les dix meilleures années dans le privé, ou les six derniers mois dans le public.

Elle exige également une extension des droits (validation des années d’études, de recherche de premiers emplois) et de nouveaux droits conjugaux et familiaux (par exemple la pension de réversion), mais aussi la prise en compte des indemnités de chômage et la mise en place d’une surcotisation patronale pour décourager le recours aux emplois précaires. La CGT revendique aussi des droits nouveaux et une garantie de départ anticipé à la retraite à taux plein pour les personnes en situation de handicap.

Le calcul de cette pension doit reposer sur l’ensemble de la rémunération, et elle doit être indexée sur le salaire moyen.

Le maintien des régimes spéciaux doit être garanti et servir de base et d’exemple de conquis sociaux majeurs pour les élargir à un droit à départ anticipé en retraite à taux plein avant 60 ans pour les salariés ayant exercé des travaux pénibles et astreignants dans le secteur privé comme public.

La retraite, c’est la reconnaissance de notre travail.

Elle est financée par un accroissement de la part des richesses créées par le travail. Défendons-la !

100 % des salariés ayant bénéficié du départ à 60 ans ne peuvent que vouloir que ce progrès soit rétabli et garanti pour leurs enfants et petits-enfants. Alors, mobilisons toutes les générations !

déclaration de la CGT

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Pas une voix du monde du travail pour l’extrême droite ! Le progrès social comme seul objectif

Les réalités de la vie des travailleuses et travailleurs de ce pays, des jeunes, des privé.es d’emploi, des retraité.es, ont émergé difficilement dans un débat politique qui a tourné en boucle autour des thèmes imposés par l’extrême droite. La vie chère, les luttes et les mobilisations ont permis de parler salaires, pensions, emplois, conditions de travail. La première préoccupation de la population est de savoir comment remplir le réfrigérateur, faire le plein de la voiture, trouver ou garder un emploi, se projeter vers l’avenir malgré la précarité et les conditions de travail difficiles.

Le taux d’abstention de 26 % du premier tour des élections présidentielles est inquiétant et révélateur de la difficulté pour une part importante de la population de penser que la vie quotidienne pourrait s’améliorer grâce à cette élection.

La situation est grave, en France l’extrême droite est aux portes de l’Elysée.

Le gouvernement et le président sortant portent une lourde responsabilité sur la perte de sens du débat politique et la banalisation des idées d’extrême droite. Le mépris du président, des ministres et des élus de l’actuelle majorité, pour la population de ce pays, s’est manifesté tout au long du quinquennat, dans les paroles comme dans les actes.

Il est de notre responsabilité de dire que la politique de régression sociale, en soutien permanent du patronat, menée durant ce quinquennat comme ceux qui l’ont précédé, porte en conscience la responsabilité de la montée de l’extrême droite.

Malgré les applaudissements et les discours pompeux, le gouvernement a poursuivi la destruction des services publics alors que ceux-ci sont indispensables pour assurer l’égalité d’accès de toutes et tous à la santé, à l’éducation, à la culture. Ils ont systématiquement défendu les intérêts des plus riches plutôt que le bien commun et la lutte contre le réchauffement climatique.

Ne pas répondre aux légitimes exigences sociales des salarié.es d’augmenter les salaires comme les pensions, ou encore s’entêter à maintenir le projet de retraites à 65 ans, serait lourd de conséquence.

Surfant sur les divisions et la désespérance sociale, l’extrême droite, à travers le score de la candidate Le Pen mais aussi de Zemmour et de Dupont-Aignan, a cumulé au 1er tour à plus de 32% des suffrages exprimés.

La CGT réaffirme que ces partis et leurs programmes vont à l’encontre de l’intérêt du monde du travail. Au cours de l’histoire comme aujourd’hui dans de nombreux pays, les dirigeants se réclamant de cette idéologie, à l’image de Poutine, Bolsonaro, Orbàn, suppriment les libertés syndicales et démocratiques, cassent les garanties sociales, divisent les travailleurs et les travailleuses, brisent les solidarités. Partout dans le monde, l’extrême droite, en focalisant son programme sur de fausses explications de la crise, exonère le patronat et les vrais responsables en trompant la légitime colère sociale de la population. L’extrême droite raciste, antisémite et xénophobe est toujours la pire ennemie des travailleurs, des grèves et des syndicats. Toujours discriminante, c’est aussi l’ennemie des droits des femmes, des LGBT, de toutes les libertés démocratiques et de la paix. Leur proposition de mise en place de la préférence nationale, renommée priorité nationale, instaurerait un régime de discrimination systémique dans le pays.

L’histoire le montre, il y a une différence de nature entre les partis républicains qui accèdent au pouvoir et le cèdent et l’extrême droite qui une fois arrivée au pouvoir le confisque.

A l’opposé, la CGT porte une histoire de luttes contre l’extrême droite et des valeurs universelles de solidarité, de fraternité, d’égalité entre les salariés, par-delà leur statut, leur origine, leur nationalité, leurs opinions philosophiques ou religieuses.

La CGT n’est pas propriétaire des voix de ses syndiqué.es. Notre organisation est indépendante mais pas neutre, elle porte une histoire et des valeurs collectives opposées de celles de l’extrême droite. Pas une voix du monde du travail pour l’extrême droite, elle doit être combattue partout.

Avant comme après les élections, la CGT s’opposera aux reculs sociaux et construira avec les travailleurs et les travailleuses les luttes nécessaires à la défense de leurs intérêts. D’ores et déjà, pour nos salaires, nos retraites et nos emplois, la CGT appelle l’ensemble des salarié.es et des organisations syndicales à faire du 1er mai une journée de mobilisation unitaire exceptionnelle pour porter ces revendications, une journée de rassemblement pour les droits des travailleurs et des travailleuses, le progrès social, la liberté, l’égalité, la justice, la fraternité, la paix, la démocratie et la solidarité internationale

. Montreuil, le 12 avril 2022

pétition Salaire, carburant, ISF

pétition

Sur la même période, en France, la fortune des milliardaires a augmenté de 86 % depuis le début de la pandémie et 4 millions de personnes supplémentaires se sont retrouvées en situation de vulnérabilité, les 1% les plus riches ont vu leur niveau de vie augmenter de 2,8% en moyenne, quand les 5% des ménages les plus modestes ont perdu jusqu’à 0,5% de leur pouvoir d’achat.

On peut assez facilement constater que l’allègement de la fiscalité des plus riches dès le début du quinquennat n’a certainement pas bénéficié ni aux intérêts du pays ni à ses citoyens et a renforcé le creusement des inégalités.

Il est temps de viser non seulement la justice sociale mais aussi l’efficacité économique. L’allègement de la fiscalité indirecte telle la TVA peut être financé par l’augmentation de l’impôt sur les revenus du capital et sur la fortune.

Sans attendre après des promesses électorales car c’est aujourd’hui que des millions de français vivent dans l’incertitude de leur avenir, nous demandons :

  • Le SMIC à 2 000 € brut et la revalorisation de tous les salaires dans le public et le privé ainsi que des pensions
  • L'augmentation automatique de l'ensemble des salaires minima de branches dès lors que le Smic est revalorisé
  • La baisse de la TVA à 5,5% sur les carburants, produits de première nécessité pour des millions de travailleurs.
  • Le retour de l’impôt sur la fortune, son amélioration dans sa fonction de solidarité et de progressivité.

Signez la pétition ici

Le muguet 2022 : le brin de la discorde

image muguet

Communiqué intersyndical

La demande de la Maison des Maraichers de Loire, pour les producteurs de muguet, de dérogation à la durée maximale hebdomadaire de travail qu’ils souhaitaient porter à 60 heures a été rejetée par les organisations syndicales de salariés (FNAF-CGT, FGTA/FO, CFTC-AGRI, SNCEA /CFE-CGC, CFDT).

Si les arguments avancés pour justifier ce refus (délai de réponse trop court, perspective d’aggravation des conditions de travail dans un secteur où elles sont déjà particulièrement pénibles et où la législation permet souplesse et flexibilité, arguments ne concernant qu’une partie des activités mais demande portant sur l’ensemble du personnel) sont certes fondés cela n’est sans doute que « le brin de muguet qui cache le bouquet » car en réalité le malaise est bien plus profond et la situation bien plus critique.

Voici plus de 10 mois que les employeurs, arguant de la signature 15 septembre 2020 d’une convention collective nationale de la production agricole, ont unilatéralement dénoncé, le 23 octobre de cette même année, la convention collective des entreprises Maraichères de Loire Atlantique datant du 25 juin 2003 alors que cette dernière ne devait nullement être contestée (cf. préambule de la CCN) et que ses dispositions les plus favorables devaient continuer à s’appliquer.

Cette dénonciation brutale remet ainsi en cause de façon inique des avantages conventionnels importants obtenus paritairement comme par exemple, entre autres reculs :

- Suppression de la prime de fin d’année (équivalente à un 13e mois) - Abandon de la prime d’ancienneté (pouvant représenter jusqu’à 5% du salaire) - Annulation des majorations (40% à 50%) des heures travaillées dimanche, jours fériés et nuit Tout ceci bien entendu sans aucune compensation et sans que, comme les accords et la loi l’exigent en cas de dénonciation, soient mis en place de nouvelles négociations paritaires pour parvenir, dans un délai d’un an, à un nouveau texte agrée par l’ensemble des parties.

Les organisations syndicales de salariés considèrent cette démarche comme volontairement agressive.

Elle conduit à une intensification inéluctable des tensions dans monde agricole avec pour but sous-jacent pour les employeurs d’obtenir des salariés de plus en plus corvéables, de moins en moins correctement rémunérés et sans aucune garantie de pérennité d’emploi.

A bien y regarder cela conduit à fortement dégrader l’attractivité de l’agriculture française dans son ensemble qui pourtant peine déjà à trouver des salariés et à les garder.

On voudrait programmer l’obsolescence de nos métiers qu’on ne s’y prendrait pas autrement.

Ce n’est pas la vision des organisations syndicales et ce refus de dérogation à la durée maximale hebdomadaire de travail en vue de la commémoration du 1er Mai, fête des travailleurs, est symbolique et n’est que le début du combat que les salariés agricoles entendent mener pour leur avenir et pour celui de leurs entreprises afin de pouvoir continuer dignement à nourrir leurs concitoyens.

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